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NOTE DE L'AUTEUR

« Dieu immobile que je hais, fais que jaillisse encore vie de ma vie, peu m’importe comment. »

Pier Paolo Pasolini

 

Ecrire un spectacle est souvent une façon de ponctuer son parcours, de marquer une étape dans sa recherche personnelle ou artistique.

Je pourrais dire que la genèse de ce spectacle remonte déjà à une dizaine d’années. Mais ce n’est pas tout à fait comme ça que cela s’est produit !

 

Ce conte, que j’ai écrit par jeu à la demande d’un ami bibliothécaire, s’est peu à peu imposé comme la suite d’un dialogue commencé il y a de cela plus de dix ans, alors que je ne savais pas vraiment comment faire résonner ma voix et toutes les paroles qui se bousculaient à travers elle.

 

En tant qu'italienne du sud, je me suis souvent sentie prise dans la toile de l'héritage de ces femmes reléguées dans l’ombre, sans doute transmise par ma mère, par mes grands-mères ...

Le tarentisme m'est alors apparu comme une sorte d'exutoire et j'ai commencé à défaire les fils qui enserraient ma taille, ma voix ... mes sens aussi.

 

Durant les années 90, alors que je trimballe ma voix d’une scène à l’autre, j’ai la chance de rencontrer Giovanna Marini lors d’un festival où je chante en première partie de son spectacle…

Giovanna m’invite à ses cours de tradition populaire de chant italien à l’université de Saint-Denis et je commence alors dans mes créations artistiques un travail de recherche personnelle. 

Je plonge ainsi au cœur de mon histoire de vie.

Moi fille d’immigrés, fille du vent … je retrouve le chemin d’une langue et avec elle le sens de nombreux gestes et rituels familiaux qui souvent me semblaient lourds et obscurs.

Enfin, je comprenais d’où je venais … qui j’étais.

 

Bien qu’écrit sous forme de conte, ce spectacle contient des indices de réalités culturels, ethnomusicologiques de l’histoire de la tarentelle et du tarentisme.

Si l’histoire du tarentisme est marquée de symboles culturels forts, comme la féminité, la religion … elle est ici traitée manière simple et traditionnelle et tend plus à se rapprocher du symbolisme des contes populaires.

J’aime faire référence au conte d’Andersen « Les souliers rouges », à la différence que la brutalité présente chez Andersen s’éclipse peu à peu pour laisser place à une finalité heureuse trouvée dans la recherche de sa propre musique intérieure, de sa vérité. 

 

Entre légende et conte, entre fiction et réalité … j’ai laissé s’exprimer mon intuition, guidée par une langue toujours présente en moi … comme de la terre sous mes pieds nus.

Si les contes nous permettent d’accéder à notre part de magie et peuvent déjouer nos angoisses et nos peurs, sans doute peuvent-ils aussi nous permettre, à travers l’écriture de notre propre légende, d’affirmer notre singularité.

 

Ainsi est née La Danse de l'Araignée.

D'une légende personnelle qui posait des interdits, j'ai choisi de danser pieds nus et de transformer une danse infernale en danse de la Vie.

 

Danser, n’est-ce pas donner corps à notre potentiel enfoui, égaré, et le transcender dans un élan de vie créatif ?

Vivre en somme ...!

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Illustrations Marie Fardet - tous droits réservés.

Textes et conception - Mia Livolsi - tous droits réservés.

Merci à Jean-Claude Galvao pour les photos de la présentation vidéo

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